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IRIEC-Toulouse EA 740
Département d'études hispaniques et hispano-américaines
Directeurs : Patrick LESBRE (IRIEC-Toulouse)
Guy Dugas (IRIEC-Montpellier)
Catherine BERTHET-CAHUZAC (responsable de l'interface Montpellier-Toulouse)
Quadriennal 2007-2010 : Constructions culturelles, Langages, Identités, Littératures, Formes culturelles et artistiques dans les Mondes ibériques et ibéro-américains.
Le programme de l'IRIEC repose sur les thèmes suivants : * Le langage et les différentes pratiques discursives * Les formes de représentation liées aux langages artistiques et l'avènement des significations * Les institutions et pratiques sociales inscrites dans ces différentes pratiques * La façon dont la culture se reproduit dans les sujets comme un bien symbolique collectif héritier de l'Histoire * La façon dont la génétique des objets culturels et artistiques travaille au carrefour du transhistorique et du transculturel. Ces thèmes sont déclinés sur 3 axes de recherche : * Axe 1 - « POUVOIR ET MARGINALITÉ » (Responsables : Renaud Cazalbou et Cécile Mary Trojani)
Cet axe se décline en deux thématiques Langues dominantes / langues dominées (Responsable : Renaud Cazalbou) et Réseaux de pouvoir et marginalité (Responsable : Cécile Mary Trojani) - Langues dominantes / langues dominées Dans l'histoire des langues, l'échange est l'essence même du fait linguistique; au sein d'une même communauté, comme entre les peuples et les sociétés, le langage est le vecteur privilégié de la communication ainsi que le reflet de la culture qui le sous-tend. Les mondes ibériques riches d'une grande diversité linguistique offrent donc un vaste terrain d'étude que l'on s'intéresse à la construction d'un idiome donné (substrat, motivation des signes ou de faits morphosyntaxiques, théories cognitives, énonciation...) ou à la mise en relation de langues déjà constituées (rapports entre le castillan et les autres langues péninsulaires, entre l'espagnol et les langues amérindiennes, construction d'un espagnol d'Amérique avec ses variantes régionales...) - Réseaux de pouvoir - Marginalités Au carrefour de la mémoire historique et de la mémoire collective, à l'intersection de deux mondes, le monde ibérique et le monde ibéro-américain, et à la jonction du réel, du vécu et de l'imaginaire, de l'oral et de l'écrit, les travaux de l'axe 2 s'insèrent dans les concepts d'échanges et de constructions culturelles, dans une perspective diachronique, et contribuent à la mise en place d'une réflexion en faisant dialoguer les époques moderne et contemporaine, la Péninsule ibérique et les nations latino-américaines. Les recherches sur les élites espagnoles et sur la société coloniale peuvent être mises en rapport avec celles sur l'Amérique latine contemporaine, où l'écho - déjà perceptible à l'époque coloniale - des "voix marginalisées et/ou subalternes" est en passe de devenir un enjeu considérable dans l'élaboration d'une mémoire collective qui se veut agissante sur la mémoire historique. * Axe 2 - « REPRÉSENTATION DE SOI ET DE L’AUTRE. Récits, discours, images. » (Responsable : Patrick Lesbre) Les récits et images (tant fixes que mobiles) reflètent une vision double, incluant tout à la fois rejet, acceptation, réciprocité, adaptation. Le rapport au monde se voit représenté et transmis par l'entremise du récit oral, écrit, de type factuel ou fictionnel. Réalité et imaginaire, histoire et fiction sont explorés et cristallisés en des formes discursives dont on peut retracer l'historique, les modèles et les sources, les productions les plus marquantes, les emprunts et passages des unes aux autres et dans certains cas, leur disparition ou leur relatif oubli qui n'est pas forcément concomitant d'une rive à l'autre de l'Atlantique. La représentation peut déboucher sur une distorsion, altération, schématisation ou caricature de la réalité : la construction d'un exotisme, sa réception équivalent à une diffusion, perpétuation et recréation de stéréotypes identitaires. Les distorsions sont parfois dues à l'absence d'expérience du terrain mais elles sont aussi présentes sur place, pour tenter d'adapter la réalité amérindienne ou espagnole aux moules culturels occidentaux. Une question pratiquement similaire s'offre à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe lorsque l'Espagne à son tour apparaît aux yeux de l'Europe comme le lieu de l'arriération (espagnolade) La recherche d'une identité constamment remodelée pousse les élites à imposer des modèles pris à l'extérieur. Les Amériques des Indépendances et contemporaines perpétuent cette recherche identitaire, que reflètent les littératures, les travaux artistiques. * Axe 3 - « GENRE et FORMES » (Responsable : Michèle Soriano)
Nous proposons d'examiner l'opposition : formes marginales vs formes canoniques dans les processus d'échanges qui s'opèrent entre deux pôles de la production culturelle, qu'il s'agisse des pôles renvoyant aux rapports entre secteurs dominants et secteurs dominés d'une même société, ou des pôles qui révèlent la permanence de rapports centre / périphérie hérités de structures coloniales et renouvelés dans les logiques contemporaines du marché culturel. Dans le champ littéraire, par exemple, les écrivaines subissent l'impact des hiérarchisations sociales dans les processus d'évaluation et de marginalisation de leur production, dans la réception et la diffusion qui leur sont réservées. Le fonctionnement des formes et des genres littéraires, qui pose la problématique du canon, pourrait en même temps nous orienter dans le questionnement du canon ; en effet, les genres discursifs et littéraires manifestent et redistribuent divers ensembles de pratiques discursives et de pratiques sociales préconstruites, institutionnelles ou marginales. Le canon fonctionne alors comme une forme de capital culturel qui produit et renforce la distinction sociale. Il s'agirait donc, pour examiner le canon, de mettre en suspens les critères qui ont rendu possible l'exclusion relative des formes considérées comme populaires, exotiques ou mineures, ou encore des formes dites « féminines », de la production culturelle consacrée. Néanmoins, cette démarche n'est pas une simple mise en suspens des canons esthétiques ; elle ne se borne pas non plus au constat des transgressions que subissent ces derniers. Elle vise plutôt, à invalider ou à relativiser les critères qui rendent une œuvre canonique, à explorer la façon dont les œuvres canoniques contribuent à la naturalisation du genre et, plus généralement, à la naturalisation des hiérarchies socioculturelles, autrement dit elle vise à historiciser ces canons. Il est en effet impossible de prétendre ignorer le canon qui fonctionne comme cadre de référence, mais ces formes canoniques ne constituent pas des normes stables, elles témoignent au contraire d'une dynamique incessante, et leurs transformations révèlent les échanges interculturels et les tensions socio-historiques qui les provoquent. Partenariats et relations internationales : Argentine, Costa-Rica, Chili, Espagne, Mexique... Université Paul Valéry Montpellier III Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Toulouse - MSHST Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues – IRPALL Maison des Sciences de l'Homme de Tours |




